L'intérieur des pyramides de l'Ancien Empire égyptien15 avr. 2010 Sébastien Polet
Pyramide d'Ouserkaf - Sébastien Polet
Pour qu’une analyse des pyramides soit sérieuse, elle doit prendre en compte toutes les pyramides. Or, aujourd’hui, bon nombre de pseudo-égyptologues se focalisent sur la seule pyramide de Chéops. Ce type d’étude n’est ni scientifique ni pertinent. Il faut s’intéresser à toutes les tombes royales de la période, de la pyramide de Djoser aux pyramides de Pépy II (VIe dynastie) et Ibi (VIIIe dynastie). Les matériauxLes matériaux de construction des pyramides ont évolué. Les blocs extérieurs sont relativement petits pour la IIIe dynastie, ils sont grand pour la IVe et redeviennent relativement modestes pour les Ve, VIe et VIIIe dynasties. Toutes les pyramides étaient recouvertes de calcaire blanc. Seule la pyramide coudée de Snéfrou, à Dachour, et le sommet de celle de Chéfren, à Giza, conservent une partie de ces matériaux. A partir de Djedefra, une bande de granite rose d’Assouan recouvrait le bas des pyramides. Elle est toujours visible sur celle de Mykérinos à Giza. L’étude de la pyramide de Djedefra, à Abou Roach, permet de comprendre que les architectes de la IVe dynastie utilisaient le terrain pour travailler plus vite. Ainsi, environ un tiers du volume de la pyramide du successeur de Chéops est occupé par un immense éperon rocheux. Il est fort probable que cette technique ait été appliquée pour d’autres constructions. Mais il semble difficile d’imaginer le démontage d’une pyramide pour vérifier si cela est vrai à Giza aussi… Les pyramides sont-elles entièrement réalisées avec d'immenses blocs ?Il est vain de croire que les pyramides sont composées intégralement de blocs bien agencés. Seuls quelques mètres, au niveau de la surface extérieure, sont ainsi conçus. Cela se vérifie aisément sur les pyramides des Ve et VIe dynasties. De tailles plus petites, elles servirent de carrière plus aisément que celle de Giza. Ainsi, la pyramide d’Ouserkaf (Ve dynastie), à Saqqara, apparaît comme un tas de gravats. A son sommet subsiste encore quelques gros blocs. Leur enlèvement fut probablement jugé trop difficile, voire dangereux. La pyramide satellite d’Ouserkaf fut totalement éventrée par des pillards. Aujourd’hui, elle permet de voir la coupe d’une pyramide. Ainsi, au-dessus des énormes blocs de la chambre funéraire, il n’y a que des gravats! Le trou, provoqué par la tentative de dynamitage réalisée par un sultan ottoman, dans la pyramide de Mykérinos démontre le même phénomène. Des degrés dans toutes les pyramidesToutes les pyramides semblent construites sur le modèle de celles de la IIIe dynastie, c’est-à-dire qu’elles sont toutes à degrés! Sur ces degrés, à partir de Snéfrou (IVe dynastie) on construisait la pente lisse de la pyramide. Cela se vérifie de nouveau dans le trou de la pyramide de Mykérinos. Deux degrés sont apparents. L’analyse géomagnétique de la pyramide de Chéops confirme également ce phénomène. Enfin, il est clairement visible sur la pyramide de Pépy II (VIe dynastie) à Saqqara Sud. Là, les degrés sont aujourd’hui presque tous apparents car la couverture de la pyramide fut démontée. L'évolution des appartements funérairesDans toutes les pyramides, sauf celle de Chéops, les appartements funéraires sont sous la structure ou au niveau du sol. La descenderie peut partir d’une certaine hauteur pour arriver à la chambre du sarcophage, mais cette dernière est toujours située au même endroit. Le premier projet de la grande pyramide fut d’ailleurs conforme à ce schéma. Il existe une chambre funéraire inachevée sous la pyramide. Mais les architectes conçurent un deuxième projet, cette fois au cœur de la pyramide. Celui-ci comprenait une deuxième chambre funéraire (la chambre dite de la reine) et des magasins pour les offrandes. Alors que ces travaux étaient achevés, un troisième projet vit le jour. Une nouvelle chambre funéraire (chambre dite du roi) fut réalisée dans la partie supérieure de l’édifice. Pour y accéder, une immense galerie fut construite. Pour éviter qu’elle ne s’effondre, les magasins du deuxième projet furent comblés. La chambre du roi n’était pas au centre de la pyramide. Les architectes craignaient un effondrement si elle était située au-dessus de la «chambre de la reine». Malgré toutes les précautions prises, les matériaux bougèrent. Le plafond se fissura. Un boyau de vérification fut construit pour vérifier les dégâts. La construction d’appartements funéraires dans la pyramide était donc un échec. Ainsi, dès Djedefra, on en revint aux structures sous la pyramide. Les protections contre les pillagesEnfin, il faut souligner que les pièges n’existent pas. Les protections contre les pillages sont plus symboliques qu’efficaces. Seuls quelques blocs bouchaient la descenderie. Celle-ci partait toujours du même côté de la pyramide. Il était donc très commode de trouver l’entrée! Le pillage était une chose inconcevable pour les rois de l’Ancien Empire, alors au sommet de leur gloire. Après les vols commis durant la Première Période intermédiaire, les rois du Moyen Empire bâtirent des structures plus complexes. Les entrées furent dissimulées. Tous droits réservés Sébastien Polet. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
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