Le roi Sahouré, un grand bâtisseur d'Egypte13 juin 2010 Sébastien Polet
Pyramide de Sahouré à Abousir - Sébastien Polet
Sahouré fut le deuxième roi de la Ve dynastie (Ancien Empire), le successeur d’Ouserkaf. Il régna plus de 15 ans sur l’Egypte. Durant cette période, il envoya une expédition au pays de Pount (contrée dont la localisation est toujours problématique: Ethiopie du Nord ou Erythrée) et il eut des contacts avec le royaume de Byblos. Sahouré fut aussi un grand bâtisseur. Les dimensions de la pyramideIl fit construire sa pyramide à Abousir. Ce secteur de la vaste nécropole memphite est situé au nord de Saqqara. Il fut le premier roi à élever une tombe à cet endroit. Comme son prédécesseur et comme les derniers rois de la IVe dynastie, Sahouré se montra relativement modeste. La pyramide s’élevait à 48 mètres de haut. Celle d’Ouserkaf à Saqqara mesurait 49 mètres et celle de Mykérinos, à Giza, était haute de 66,45 mètres (le mastaba de Shepseskaf n’étant pas une pyramide, il n’est pas repris ici). Ces dimensions sont loins de celles des pyramides de Chéops (146,59 m) ou Chéfren (143,5 m). La base de la pyramide de Sahouré mesurait 78,5 mètres. Il s’agit encore de dimensions moyennes pour une pyramide de l’Ancien Empire. Chéops: 230,33 m; Djedefra: 106,2 m; Chéfren: 215,25 m ; Bicheris: 200 m; Mykérinos: 102,2 x 104,6 m (pyramide dont la base n’est pas carrée); Ouserkaf : 73,3 m. Temple haut, temple bas et pyramide satelliteComme les pyramides de Giza, la tombe de Sahouré à Abousir était recouverte de calcaire blanc. Dès l’Antiquité, elle fut démonté et ses blocs servirent à d'autres constructions. Sahouré, comme ses prédécesseurs, possédait également une petite pyramide satellite construite à quelques mètres de sa sépulture monumentale. Cette petite pyramide était haute de 11,6 m et large de 15,7 m. Le temple haut, destiné au culte funéraire du roi, situé au pied de la pyramide, fut l’un des plus complexes qui fut construit. Il comportait de nombreuses pièces destinées à accueillir les offrandes, de nombreuses salles pour le culte, une vaste cour à piliers. Comme chez Ouserkaf, le dallage du temple haut était en basalte noir. Le temple bas, destiné à accueillir la momie royale, fut nettement plus petit. Il ne comprenait que deux salles à colonnes. Chapiteaux palmiformesLe complexe funéraire de Sahouré présente un intérêt majeur. Il est le premier temple égyptien à employer des colonnes à chapiteaux palmiformes (en forme de palmier). On trouve ce type de chapiteau jusqu’à la fin de la période pharaonique! Les architectes qui le mirent au point ne se doutaient certainement pas qu’il allait perdurer pendant plus de 3000 ans! Les premières fouilles de la pyramide de SahouréLa pyramide fut ouverte, pour la première fois, par l’archéologue britannique J. Perring, en 1838. Il découvrit les restes brisés du sarcophage du roi. Celui-ci était également en basalte. Le premier plan du temple haut et de la pyramide fut réalisé en 1843 par K.R. Lepsius, l’un des plus célèbres égyptologues allemands. Le complexe funéraire fut complètement dégagé et fouillé par Ludwig Borchardt entre 1902 et 1908. Ses principales découvertes partirent dans plusieurs musées allemands. Il mit notamment au jour un bas-relief sur lequel étaient gravés des ours anatoliens offerts par l’ambassadeur de Byblos. Le temple solaire de Sahouré repose toujours sous les sables du désertUne énigme archéologique entoure toujours le règne de Sahouré. Les biographies des fonctionnaires de son temps évoquent un immense temple solaire. Son prédécesseur, Ouserkaf, en avait fait bâtir un à Abou Gorab (nord d’Abousir). Ces temples étaient conçus comme les complexes funéraires royaux: temple bas, chaussée montante et temple haut. A la place de la pyramide s’élevait un immense obélisque, symbole de Ra. L’obélisque n’était évidemment pas monolithique puisqu’il était pratiquement aussi imposant que la pyramide du roi. Le temple solaire de Sahouré se nommait Sekhet-Ra. Il n’a toujours pas été retrouvé par les archéologues! Pourtant, les temples solaires de la Ve dynastie, ceux d’Ouserkaf et de Niouserré sont immenses! Il est possible qu’il soit enfoui sous les sables d’Abou Gorab. Tous droits réservés Sébastien Polet. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
|